Actualités

Sora n'a pas survécu à son propre succès

fermeture-sora

En septembre 2025, OpenAI lance Sora avec de grosses ambitions : révolutionner la création vidéo grâce à l'IA. À peine six mois plus tard, l'application ferme et transforme l'une des sorties les plus attendues de l'année en un flop conséquent.

Une appli inventive qui vendait du rêve

Au lancement, Sora a fait un carton. L’appli a dépassé le million de téléchargements très rapidement, encore plus vite que ChatGPT à ses débuts. Forcément, le concept faisait rêver : tu tapes quelques mots, et une vidéo se crée presque toute seule sous tes yeux.

Et pas juste un petit clip bof. La deuxième version du modèle proposait du son natif, des effets super poussés et des simulations physiques franchement impressionnantes. On commençait à arriver sur des rendus qui faisaient très pro.

Pour en rajouter une couche, OpenAI avait aussi annoncé un partenariat avec Disney, leur donnant accès à plus de 200 personnages issus de licences énormes comme Marvel, Star Wars ou Pixar. En bonus, Disney avait promis un investissement d’un milliard de dollars sur la plateforme. Sur le papier, ça sentait le succès assuré.

Si comprendre le digital t'intéresse

Comment tout est parti en vrille ?

Mais la hype n’a pas duré longtemps. Dès janvier 2026, les téléchargements ont chuté de 45 % en un mois et les problèmes n'ont fait que s’enchaîner.

Le premier gros souci, c’était la modération. Très vite, la plateforme s’est remplie de contenus problématiques : deepfakes non autorisés, vidéos racistes, contenus grossophobes… Bref, pas vraiment l’image d’un outil créatif cool et innovant. Sora a fini par être utilisée pour générer des fausses vidéos de célébrités, ce qui a évidemment énervé pas mal de monde, notamment les représentants et les syndicats d’acteurs.

L’autre énorme problème, c’était l’argent. Faire tourner Sora coûtait une fortune. D’après Forbes, OpenAI dépense en moyenne 15 millions de dollars par jour pour l’application. Même en interne, le projet aurait été jugé impossible à tenir sur la durée. À ce niveau-là, ça devient compliqué de faire semblant que tout va bien.

Pourquoi OpenAI a préféré couper court ?

Fermer Sora, ce n’est pas juste reconnaître que le projet n’a pas marché. C’est aussi une décision stratégique : avec la concurrence d’Anthropic qui monte sur le marché pro, OpenAI a choisi de remettre ses priorités au clair et de se concentrer sur ce qui rapporte vraiment : ChatGPT, Codex et surtout les agents IA.

L’idée, c’était visiblement d’arrêter de disperser les équipes sur des projets secondaires et d'orienter leurs outils vers une utilisation pensée pour les professionnels. Et Sora, malgré toute la hype autour du lancement, a fini par entrer dans cette catégorie.

Il y a aussi un autre sujet derrière : la rentabilité. OpenAI viserait une valorisation énorme et forcément, garder une appli qui brûle des millions chaque jour sans vrai modèle économique solide, ce n’est pas franchement vendeur.

Découvre comment te former à l'IA

Et Disney dans tout ça ?

La fermeture de Sora n'a pas seulement surpris les utilisateurs : Disney aussi a été pris de court. Alors que le groupe venait tout juste de s’engager dans un partenariat très exposé avec OpenAI, l’arrêt brutal du service a donné l’impression d’un virage décidé en interne, sans vraie préparation publique côté partenaire.

Le partenariat de trop

Le partenariat avec Disney a clairement joué un rôle dans le buzz autour de Sora. Quand OpenAI a annoncé un accord avec un géant pareil, avec en plus l’accès à des personnages ultra connus de Marvel, Star Wars ou Pixar, ça a forcément donné l’impression que l'appli allait passer dans une autre dimension. Pour beaucoup, c’était la preuve que l’outil n’était pas juste une démo impressionnante, mais un vrai projet capable de s’imposer dans l’industrie du divertissement.

Sauf qu’au final, ce partenariat a surtout renforcé la chute du projet. Parce qu’avec Disney dans l’équation, les attentes étaient énormes. Il ne suffisait plus de proposer une technologie bluffante : il fallait aussi garantir un cadre solide, protéger les licences, éviter les dérives et montrer que la plateforme pouvait tenir sur le long terme. Et c'est justement là que Sora a commencé à montrer ses limites.

Le retrait de Disney a envoyé un message assez clair : même avec une hype énorme et des partenaires prestigieux, un projet IA ne peut pas avancer durablement s’il n’offre pas assez de garanties sur le plan économique et sur le plan de l’image. Donc quand un groupe comme Disney prend ses distances, ça fragilise forcément encore plus la crédibilité du projet.

Le retrait de Disney a donc eu une portée très symbolique.

Au final, qu’est-ce qu’il reste ?

Sora en tant qu’appli a disparu, mais la génération vidéo n’a pas totalement été abandonnée. Elle reste accessible dans ChatGPT pour les abonnés payants. Disney, de son côté, s’est retiré du partenariat.

Les équipes qui travaillaient sur l'appli vont maintenant bosser sur d’autres sujets, notamment la simulation du monde réel pour faire avancer la robotique.

Au fond, cette histoire résume assez bien la violence du secteur de l’IA. Tu peux avoir un lancement énorme, une hype de dingue, des partenariats prestigieux et quand même disparaître en quelques mois. Dans ce milieu, être révolutionnaire ne suffit pas. Il faut aussi tenir dans le temps.

Découvre tous nos campus MyDigitalSchool
Cette formation vous intéresse ?